Histoire de la Franche-Comté

SYNTHÈSE DE L'HISTOIRE POLITIQUE
DE L'ANCIEN COMTÉ DE BOURGOGNE
ET DU PAYS DE MONTBÉLIARD

 

PRÉSENTATION

La Franche-Comté est une des 26 régions administratives de la France (Outre-Mer compris), limitrophe des régions Rhône-Alpes, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine et Alsace et frontalière avec la Suisse. Elle s'étend sur 16 232 km², dont 7 100 occupés par les forêts. Sa préfecture de région et ville principale est Besançon.

La Franche-Comté est l'ancien Comté de Bourgogne augmenté du Pays de Montbéliard et de contrées autrefois alsaciennes : la seigneurie de Montjoie devenue le canton d'Indevillers du département du Doubs (mars 1790), lequel fusionne avec celui de Saint-Hippolyte en 1801, et le Territoire de Belfort créé en 1871.

Jusqu'au traité de Nimègue (1678), il y avait deux Bourgognes. L'une à l'ouest de la Saône, le duché de Bourgogne, capitale Dijon, l'autre à l'est, le comté de Bourgogne, capitale Dole, dans le giron du Saint Empire romain germanique, puis de l'Espagne, mais dénommée « Franche-Comté » (le mot « comté » était au Moyen Âge féminin), parce que dirigée par ses comtes.

Aussi les Francs-Comtois se disaient « bourguignons », comme leurs voisins d'Outre-Saône. Ce qui engendre bien des confusions. Ainsi le grand peintre du 17e siècle Jacques Courtois, dit le Bourguignon (1621 – 1676), était en fait franc-comtois (né à Saint-Hippolyte, Doubs). Il y eut aussi deux reines de France nommées Jeanne de Bourgogne. La première (vers 1290 – 1330), épouse de Philippe V le Long, venait du Comté de Bourgogne, donc franc-comtoise, la seconde, sa belle-sœur, dite « La Boiteuse » (? – 1348), épouse de Philippe VI de Valois, était issue du duché.

 

 

LES DATES CLÉS DE L'HISTOIRE COMTOISE

 

Sous l'Antiquité et le début du Haut Moyen Âge, la Franche-Comté était le pays des Séquanes (Séquanie), peuple gaulois, conquis par Jules César en 58 avant J.-C. Envahie par les Vandales, qui ne firent que passer (407 – 409), occupée par les Alamans, qui massacrèrent nombre de chrétiens, au milieu du 5e siècle, puis par les Burgondes vers 475 – 480, elle devint terre des Francs dès le deuxième tiers du 6e siècle jusqu'à la mort du fils de Charlemagne, Louis le Débonnaire en 840. Les 3 fils du Débonnaire se partagèrent l'empire franc par le traité de Verdun en 843 : Charles le Chauve eut la Francie occidentale, future France, Lothaire 1er, la Francie médiane (de la Mer du Nord à la Méditerranée et l'Adriatique), avec le titre d'empereur, Louis le Germanique la Francie orientale, future Germanie.

843

Traité de Verdun, le pays des Séquanes revient à l'empereur Lothaire 1er.

855

Abdication de Lothaire 1er. Son empire est partagé entre ses trois fils. Louis a l'Italie, avec le titre d'empereur d'Occident. Lothaire II, la Lotharingie ou Lorraine, qui comprend les Pays-Bas et la Séquanie, Charles, la Provence et la Séquanie.

863

Mort de Charles de Provence, partage de son royaume entre ses deux frères. La Séquanie revient à Lothaire II.

869

Mort de Lothaire II.

870

Traité de Mersen (banlieue de Maastricht), partage de la Lotharingie : Charles le Chauve obtient Besançon et le Portois (pagus de Port-sur-Saône), Louis le Germanique le reste de la future Franche-Comté.

875

Après la mort de Louis, Charles le Chauve s'adjuge l'Italie, sans consulter Louis le Germanique et se proclame empereur d'Occident ; il meurt deux ans plus tard.

879

Mort de Louis II le Bègue, fils de Charles le Chauve ; la France a deux rois Louis III et Carloman, fils de Louis le Bègue, sans que l'on sache très bien qui gouverne et quel territoire. Par le concile de Mantille (au sud-est de Vienne, aujourd'hui lieu-dit de la Drôme), les évêques de Séquanie et de Provence se choisissent comme roi Boson.

880

Boson est chassé de Séquanie par Charles le Gros, mais se maintient en Provence. Charles le Gros commence à reconstituer l'empire de Charlemagne à son profit.

887

Déposition de Charles le Gros

888

Création d'un royaume de Bourgogne, qui comprend la Séquanie, une grande partie de la Suisse et la Savoie (mais pas le duché de Bourgogne possession française), avec pour roi Rodolphe 1er. Les souverains se suivent de père en fils sur 4 générations.

937

Conrad le Pacifique, petit-fils de Rodolphe 1er, conquiert la Provence. Le royaume de Bourgogne prend le nom de Royaume d'Arles.

982

Otte-Guillaume, premier comte de Bourgogne (future Franche-Comté) se conduit comme souverain absolu au détriment du roi de Bourgogne Rodolphe III, fils de Conrad.

1025

Louis de Mousson devient comte de Montbéliard, vassal direct de l'empereur romain germanique. Ce comté échappe au comte de Bourgogne Otte-Guillaume, qui meurt en 1026.

1032

À la mort de Rodolphe III, le Royaume de Bourgogne ou Royaume d'Arles revient par testament à l'empereur romain germanique.

Vers 1041

L'archevêque Hugues 1er de Salins, chancelier de l'empereur, se fait reconnaitre tous les pouvoirs temporels et spirituels sur la ville de Besançon au détriment du comte de Bourgogne. L'archevêque est le maitre politique de la ville, sous la suzeraineté directe de l'empereur romain germanique. C'est le début de Besançon, ville libre impériale jusqu'en 1654.

Vers 1125

Richard II de Montfaucon épouse Agnès, arrière-petite-fille de Louis Mousson, et son fils Amédée devient comte de Montbéliard en 1162 (Montfaucon est la colline qui domine Besançon au sud-est et dont les seigneurs sont attestés dès le 11e siècle).

1156

L'empereur romain germanique Frédéric 1er Barberousse épouse l'héritière du Comté de Bourgogne Béatrice (petite-fille de l'arrière-petit-fils d'Otte-Guillaume et petite-nièce du pape Calixte II) et devient comte de Bourgogne, au grand dam de la branche cadette des comtes de Bourgogne.

1190

À la mort de Frédéric Barberousse, le comté de Bourgogne revient à son fils cadet Otton 1er, qui prend le titre de « comte palatin de Bourgogne », ainsi que ses successeurs.

1205

Le comté revient à Béatrice, fille d'Otton 1er.

1208

Béatrice épouse le duc de Méranie, qui devient ainsi Otton II de Bourgogne (le duché germanique de Méranie, capitale Méran, aujourd'hui Merano en Italie dans le Trentin-Haut-Adige).

1224

Première contestation des bourgeois de Besançon, qui se constituent en commune et chassent leur archevêque ; répression sévère de son successeur.

1230

Jean de Chalon, de la branche cadette des comtes de Bourgogne, obtient le mariage de son fils Hugues de Chalon avec Alix, fille du comte de Méranie Otton II.

1248

Mort d'Otton III sans héritier, fils d'Otton II. Le comté revient à Hugues de Chalon. La branche cadette rejoint la branche ainée. Mais Jean de Chalon s'est marié trois fois. Hugues de Chalon est du premier lit. Les descendants du second lit forment la branche des Chalon-Auxerre et ceux du troisième lit, la branche des Chalon-Arlay ou seigneurs de Nozeroy. Ces derniers deviennent de nouveaux rivaux de la branche comtale.

1249

Premiers textes francs-comtois rédigés en langue française.

1281 1285

Othon IV, fils d'Hugues de Chalon, s'allie au roi de France Philippe III le Hardi contre Pierre III d'Aragon. Il épouse la nièce de Philippe III, Mahaut, qui lui apporte l'Artois.

1282

Le frère d'Otton IV, Renaud de Bourgogne, devient par alliance comte de Montbéliard.

1290

Conflit entre l'empereur Rodolphe 1er Habsbourg et Othon IV. Besançon, assiégé plusieurs mois, refuse de se rendre. Faute de ravitaillement, Rodolphe et Otton IV renoncent au combat. L'empereur reconnait la commune de Besançon reconstituée par les bourgeois et pour achever les négociations mandate son beau-frère Jean de Chalon-Arlay, qui impose à la commune son gardiennage.

1291

Otton IV par le traité d'Évreux promet sa fille Jeanne de Bourgogne à l'un des fils du roi de France Philippe IV le Bel, qui n'en a encore qu'un seul (le futur Louis X le Hutin).

1295

Traité de Vincennes : Jeanne de Bourgogne est fiancée à Philippe, 2e fils de Philippe le Bel, seulement âgé de 2 ans. Le roi de France prend officiellement l'administration du Comté de Bourgogne au nom des futurs époux.

1303

Mort d'Otton IV.

1307

Jeanne de Bourgogne, fille d'Otton IV et de Mahaut d'Artois, épouse Philippe le Long, 2e fils de Philippe le Bel, le dernier à porter le titre de « comte palatin de Bourgogne ».

1316

Visite de la Franche-Comté par les deux époux, puis Philippe le Long devient roi de France.

1322

Mort de Philippe le Long. Sa veuve Jeanne de Bourgogne administre la Franche-Comté avec sa mère, Mahaut d'Artois. C'est le gouvernement dit « des deux femmes » salué comme une période heureuse.

1329 1330

Morts successives de Mahaut d'Artois et de sa fille Jeanne de Bourgogne. La Franche-Comté revient à la fille de cette dernière également prénommée Jeanne et à son époux Eudes IV, duc de Bourgogne. Pour la première fois, duché et comté de Bourgogne sont réunis. Eudes IV est désigné duc-comte.

1332

Montbéliard revient par le mariage d'Agnès, fille de Renaud de Bourgogne, à Henri de Montfaucon.

1336

Première appellation connue de « Franche-Comté » pour désigner le Comté de Bourgogne, mais les Francs-Comtois continueront à se dire « Bourguignons » jusqu'à la conquête française et même un peu après.

1336

Révolte des nobles comtois menés par Chalon-Arlay contre l'autoritarisme d'Eudes IV. Pontarlier et Salins sont incendiés. Les Bisontins, alliés à Chalon-Arlay, sont exterminés le 17 aout par les 9 000 cavaliers et de nombreux fantassins du duc-comte Eudes IV dans la Combe-Bochard, surnommée depuis la « Combe de Malheur », d'où son nom actuel de « Malcombe ».

1349

Philippe de Rouvres, 3 ans, succède à son grand-père Eudes IV mort de la peste. Sa mère, Jeanne de Boulogne, veuve depuis 1346, se remarie avec le roi de France Jean II le Bon.

1361

Mort de Philippe de Rouvres à l'âge de 15 ans. Le duché de Bourgogne revient à Jean II le Bon. Mais la Franche-Comté est dévolue à la seconde fille de Jeanne de Bourgogne, Marguerite, épouse de Louis de Flandres, ce qui permet à la Franche-Comté et à l'Artois d'être réunis à la Flandre. Philippe le Hardi, 4e fils de Jean II le Bon, lance les « Grandes Compagnies » sur la Franche-Comté, pour se venger de ne pas l'avoir obtenue.

1363

Jean II le Bon cède à son fils préféré Philippe le Hardi le duché de Bourgogne en apanage, c'est-à-dire en pleine souveraineté et cessible à ses héritiers mâles.

1366

Les Grandes Compagnies essuient une terrible défaite à Chambornay contre les troupes comtoises dirigées par Jean de Vienne, futur amiral de France, mais ne quittent le territoire qu'après versement d'une forte somme d'argent.

1369

Philippe le Hardi, réconcilié avec Marguerite de Flandres, épouse à Gand la petite-fille de celle-ci également prénommée Marguerite.

1384

Mort de Louis de Mâle, père de Marguerite. Le duché et le comté de Bourgogne sont à nouveau réunis entre les mains de Philippe le Hardi. Le comté est toujours théoriquement terre du Saint Empire romain germanique.

1397

Henriette de Montbéliard, arrière-petite-fille d'Henri de Montfaucon, apporte à son époux Eberhard IV le Jeune, comte de Wurtemberg, le comté de Montbéliard.

1438

Retour des Habsbourg à la tête du Saint Empire romain germanique avec Albert II, auquel succédera son cousin Frédéric III deux ans plus tard. Contrairement aux trônes de France et de la plupart des royaumes d'Europe, celui du Saint Empire est électif (par 7 princes, soit 3 ecclésiastiques et 4 laïcs). Sans remettre au cause la constitution fixée par « La Bulle d'Or » de 1356, les 7 princes vont systématiquement élire empereur les descendants de Frédéric III (Maximilien d'Autriche, Charles Quint, Ferdinand 1er, Maximilien II, Rodolphe II, et suivants). Le trône impérial devient pratiquement héréditaire, tout en restant théoriquement électif, sauf de 1742 à 1745 avec Charles VII de Bavière.

1477

Mort de Charles le Téméraire, arrière-petit-fils de Philippe le Hardi, sans héritier mâle. Le roi de France Louis XI s'empresse de récupérer le duché de Bourgogne et convoite la Franche-Comté, mais Marie, la fille du Téméraire lui échappe : elle épouse Maximilien d'Autriche, fils de l'empereur du Saint Empire romain germanique Frédéric III de Habsbourg.

1482

Traité d'Arras : Louis XI fiance son fils Charles, 12 ans, à Marguerite, 2 ans, fille de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne, avec la Franche-Comté pour dot.

1483

Mort de Louis XI : Son fils Charles VIII, 13 ans, lui succède et sa fille ainée Anne de Beaujeu prend la régence.

Fin 1491

En rupture du traité d'Arras, Anne de Beaujeu fait épouser Charles VIII à Anne de Bretagne. C'est l'annexion de la Bretagne à la France. Mais Maximilien et sa fille Marguerite sont humiliés.

1493

Maximilien d'Autriche devient empereur du Saint Empire romain germanique.

1494

Maximilien envahit la Franche-Comté.

1495

Traité de Senlis : Charles VIII, plus intéressé par l'Italie, rend la Franche-Comté à Maximilien d'Autriche, empereur du Saint Empire.

1498

Mort de Charles VIII. Maximilien donne le gouvernement de la Franche-Comté à son fils Philippe 1er le Beau, roi de Castille par son mariage avec Jeanne de Castille.

1503

Philippe le Beau et Jeanne accueillis aux cris de « Vive Bourgogne ! » par les Dolois et les Graylois.

1506

Mort subite à 28 ans de Philippe le Beau. Son épouse Jeanne, d'une santé intellectuelle déjà fragile, perd la raison (d'où le nom de Jeanne la Folle). Maximilien confie le gouvernement de la Franche-Comté et des Pays-Bas à sa fille Marguerite, la délaissée de Charles VIII.

1519

Mort de Maximilien. Son petit-fils Charles, déjà roi d'Espagne depuis 1516, devient empereur du Saint Empire romain germanique, sous le nom de Charles Quint.

1522

À Saint-Jean-de-Losne, les délégués du roi de France François 1er et de Marguerite d'Autriche signent le traité de neutralité de la Franche-Comté.

1528

Georges 1er, à la tête du Comté de Montbéliard depuis deux ans, se montre favorable à la Réforme.

1530

Nicolas Perrenot de Granvelle, natif d'Ornans, devient garde des sceaux et bras droit de Charles Quint. Mort de Marguerite d'Autriche.

1538

Georges 1er abolit la messe à Montbéliard et étend l'interdiction du culte catholique aux annexes du comté (Blamont et Étobon) deux ans plus tard.

1556

Abdication de Charles Quint. Son fils Philippe II, roi d'Espagne, devient souverain de la Franche-Comté, mais son frère Ferdinand 1er, empereur du Saint Empire romain germanique, garde Besançon, ville libre impériale, qui forme enclave au milieu d'une possession espagnole. Les Habsbourg se subdivisent ainsi en « Maison d'Espagne » et « Maison d'Autriche ».

1575

« Surprise de Besançon » : échec de la prise de la ville (nuit du 21 juin) par les huguenots venus de Montbéliard. Le culte protestant sera proscrit à Besançon jusqu'à la Révolution de 1789.

1578 1579

Mise à sac du Pays de Montbéliard par les troupes françaises, tandis que fin 1578, d'autres troupes d'Henri III font des incursions dans le sud-ouest de la Franche-Comté (Arlay, Saint-Amour).

1587 1588

Conséquence des guerres de religions : 3 000 hommes de troupes commandés par les Guise envahissent le pays de Montbéliard, le pillent et l'incendient. La ville de Montbéliard est assiégée, mais ne sera pas prise.

1595

Henri IV déclare la guerre à l'Espagne en janvier et envahit la Franche-Comté pendant la première quinzaine d'aout. Il se retire face aux troupes espagnoles, non sans avoir été séduit par le vin d'Arbois.

1618

Début de la Guerre de Trente Ans. La France, qui cherche à se désenclaver des territoires tenus par les Habsbourg (Pays-Bas, Allemagne, Franche-Comté, Espagne et ses colonies italiennes), pousse la Suède à envahir le Saint Empire.

1633

Les Suédois s'emparent de Belfort (alors en Alsace). Charles IV de Lorraine veut prendre Montbéliard, qui demande la protection de la France : elle lui est accordée.

1636

Richelieu dénonce le traité de neutralité de la Franche-Comté sous prétexte que Besançon héberge Gaston d'Orléans, frère et rebelle du roi de France Louis XIII. Il fait assiéger Dole, mais ne peut prendre la ville.

1637 1638

Invasion des troupes suédoises et françaises. Les campagnes sont dévastées aux deux printemps pour compromettre les récoltes. La peste et la famine déciment la population.

1648

Traité de Westphalie : L'Alsace, dont Belfort, revient à la France.

1654

Diète de Ratisbonne : Le Saint Empire romain germanique cède Besançon à l'Espagne, malgré l'hostilité des Bisontins.

1659

Traité des Pyrénées : La Franche-Comté libérée des troupes ennemies qui l'occupaient encore.

1665

Mort de Philippe III, roi d'Espagne. Louis XIV, qui a épousé sa fille, Marie-Thérèse d'Autriche, dont la dot n'a jamais été payée, fait valoir son droit de dévolution : il réclame les Pays-Bas et la Franche-Comté.

Février 1668

Les troupes françaises envahissent la Franche-Comté. Les Francs-Comtois se rendent sans combattre, sur simple sommation du Grand Condé. Mais les grands d'Europe estiment les prétentions de Louis XIV exagérées ; ils lui demandent de choisir entre les Pays-Bas et la Franche-Comté.

Mai 1668

La Franche-Comté est rendue à l'Espagne. En représailles, les Espagnols suppriment le parlement de Dole et installent leurs gouverneurs à Besançon.

1674

Les rebellions contre la France aux Pays-Bas incitent Louis XIV à repartir à la conquête de la Franche-Comté en février. Cette seconde conquête, qui dure jusqu'en juillet, sera sanglante. Peu après la reddition de Besançon (mi-mai 1674), un intendant français est nommé et s'y installe. Le parlement est rétabli à Dole.

1676

Suppression de la commune de Besançon reconnue en 1290 ; transfert de la capitale de la province de Dole à Besançon et du parlement. Louis XIV fait occuper la principauté de Montbéliard.

1678

Traité de Nimègue. La Franche-Comté est officiellement française.

1697

Traité de Ryswick, la principauté de Montbéliard est rendue à son suzerain Georges II, mais les troupes françaises ne se retirent qu'en février 1698.

1790

Les provinces sont supprimées et remplacées par 83 départements. À une trentaine de communes près, les 3 départements du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône recouvrent l'ancienne province.

1793

Sous prétexte que le Wurtemberg pactise avec les ennemis de la France, Bernard de Saintes s'empare de Montbéliard (10 octobre) à la satisfaction du peuple qui souhaitait devenir français. La ville devient le chef-lieu du 7e district de la Haute-Saône.

1797

Montbéliard est rattachée au département du Mont-Terrible (chef-lieu : Porrentruy).

1800

Suppression du département du Mont-Terrible rattaché au Haut-Rhin.

1814

Russes et Autrichiens envahissent la France. Rossel, maire de Montbéliard, obtient, le 16 janvier, la promesse du tsar Alexandre 1er, que sa ville restera française. Le traité de Paris (mai) laisse Montbéliard à la France, rattachée provisoirement au département du Doubs (un provisoire qui deviendra définitif).

1871

Le Territoire de Belfort, détaché du Haut-Rhin devenu allemand, reste français (traité de Francfort). Il est placé sous l'autorité d'un administrateur qui fait fonction de préfet, sans en avoir toutes les attributions.

1919

Le découpage des départements d'avant 1870 n'est pas rétabli. Le Territoire de Belfort n'est pas réincorporé au Haut-Rhin redevenu français.

1922

Le Territoire de Belfort reçoit le statut de département avec un préfet en titre. Il est encore considéré comme alsacien.

1927

Dans le cadre d'une nouvelle subdivision de la France en vingt régions économiques prévue dès 1919, Arthur Gaulard, président de la Chambre de Commerce de Besançon depuis 1913, lutte farouchement contre le rattachement de la Franche-Comté à la Bourgogne et obtient une 20e région économique « Franche-Comté-Haute-Alsace ». Ce premier essai de régionalisation sera un échec.

1960

Création de la région administrative de Franche-Comté sous le nom de Circonscription d'Action régionale, avec les 4 départements du Doubs, de la Haute-Saône, du Jura et du Territoire de Belfort.

1964

Nomination du premier préfet de Franche-Comté : Bernard Vaugon, également préfet du département du Doubs.

1968

Le barrage de Vouglans est mis en eau et crée le 3e plus grand lac français de retenue, le plus important de Franche-Comté, long de 35 km et large en moyenne de 450 mètres ; le barrage, haut de 130 mètres, retient 600 millions de m³ d'eau.

1972

Création des Conseils régionaux : la région de Franche-Comté devient un établissement public régional composé des parlementaires de la région et en nombre égal de membres élus par les conseillers généraux. Première départementalisation importante de routes nationales, qui concernent toutes celles numérotées à 3 chiffres, mais aussi la N 67 (Gray, Besançon, Ornans, Pontarlier et la Suisse) et la N 72 (Dole – Pontarlier) ; la N 57 Metz – Besançon est prolongée jusqu'à la frontière suisse par Valdahon et Pontarlier.

1973

Début de l'affaire Lip.

1974

Les conseillers régionaux élisent leur premier président : le radical Edgar Faure.

1980

La construction de l'autoroute A 36 « La Comtoise » se termine par son raccordement  à Beaune en Côte-d'Or.

1981

Le socialiste Jean-Pierre Chevènement est élu président de la région. Première liaison Paris – Besançon en T.G.V.

1982

L'UDF Edgar Faure est élu à nouveau président de région ; la loi du 2 mars prévoit sa prochaine élection au suffrage universel, la région passe d'établissement public régional au statut de collectivité locale à part entière et le nom de « Circonscription d'Action régionale » disparait.

1982

La Saline royale d'Arc-et-Senans est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

1986

Le président Edgar Faure est élu pour la première fois au suffrage universel.

1988

Mort d'Edgar Faure. L'UDF Pierre Chantelat lui succède comme président.

1995

Grâce au Conseil régional, la ligne ferroviaire Besançon – Bourg-en-Bresse est entièrement électrifiée sur le tronçon Franois – Saint-Amour.

1998

L'UDF Jean-François Humbert (qui rejoindra plus tard l'U.M.P.) est élu président de Franche-Comté. Il démissionne aussitôt pour ne pas bénéficier des voix du Front National. Il est réélu grâce au soutien des socialistes. Le dernier tronçon de l'autoroute A 39 de Dole à Bourg-en-Bresse (110 km) est mis en service.

2004

Le socialiste Raymond Forni est élu président de la région de Franche-Comté.

2006

Fermeture de la « Maison de la Franche-Comté », bd de la Madeleine à Paris, qui, voulue par Edgar Faure, se voulait la vitrine de la région, mais son fonctionnement  revenait à 1,3 million d'euros par an pour une rentabilité médiocre. Début des travaux de la ligne ferroviaire à grande vitesse Rhin-Rhône. Seconde départementalisation de routes nationales : seules subsistent dans le réseau national, la RN 19 de Langres à Delle et à la frontière suisse, la RN 57 de Metz à Pontarlier et à la frontière suisse et un tronçon de la RN 83 entre Lyon et Besançon (carrefour de Beure), l'autre tronçon (Besançon – Territoire de Belfort) devient la RD 683. Devant le refus de la région de Franche-Comté de reprendre l'aérodrome de Dole-Tavaux cédé par l'État, le Conseil général du Jura décide de l'acquérir.

2008

Mort de Raymond Forni à Paris le 5 janvier. Marie-Guite Dufay, première vice-présidente, assure l’intérim, avant d’être élue elle-même, présidente de la région le 24 suivant.

La citadelle de Besançon et les fortifications de Vauban au centre ville sont inscrites au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

2009

La saline de Salins-les-Bains rejoint la Saline royale d'Arc-et-Senans au patrimoine mondial de l'humanité inscrit par l'Unesco.

2011

La ligne T.G.V. Rhin-Rhône est ouverte au trafic le 11 décembre. Seule la première phase entre Villers-les-Pots (21) et Petit-Croix (90) est réalisée. Une seconde phase devrait prolonger la ligne jusqu'à Dijon et Mulhouse. La Ligne comprend deux gares : Besançon-Franche-Comté T.G.V. sur le territoire de la commune des Auxons, et Belfort-Montbéliard T.G.V., sur celui de la commune de Méroux. Besançon-Franche-Comté-T.G.V. est reliée par le rail à la gare Viotte.

2014

Aux élections municipales, la mauvaise popularité du président de la république François Hollande fait perdre au PS de nombreuses villes au profit du parti Les Républicains, dont Belfort, Montbéliard et Dole. Le socialiste Jean-Louis Fousseret conserve cependant la mairie de Besançon.

2015

Application de la nouvelle délimitation cantonale instituée par la loi du 17 avril 2013 et applicable avec les élections départementales des 22 et 29 mars 2015. Le département du Doubs passe de 35 à 19 cantons, celui du Jura de 34 à 17, celui de la Haute-Saône de 32 à 17 et le Territoire de Belfort de 15 à 9. L'ensemble de la Franche-Comté compte désormais 62 cantons au lieu de 117, mais le nombre des élus augmente passant de 117 à 124, puisqu'un homme et une femme représentent désormais chaque canton.

2016

La Franche-Comté entre désormais dans la nouvelle région Bourgogne Franche-Comté, selon la réforme terrritoriale de 2014 instituée par la loi du 16 janvier 2015 et applicable au 1er janvier 2016. Le siège de la région est à Besançon, mais l'assemblée et les commissions se réunissent à Dijon où s'installe la nouvelle préfecture de région. Christiane Barret en devient la première préfète, tandis que Marie-Guite Dufay, ex-présidente de l'ancienne région de Franche-Comté élue le 17 décembre 2015, devient président de la nouvelle région.

La Chapelle de Ronchamp construite selon les plans de Le Corbusier est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

 

© Georges Bidalot, mise à jour novembre 2016

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