Histoire de Dole

 

PRÉSENTATION

DOLE, ville française depuis 1674, est sous-préfecture du département du Jura, dans la région administrative de Franche-Comté. La ville fut capitale de la province de Franche-Comté ou Comté de Bourgogne jusqu'en 1676. Elle est située dans le val d'Amour à la limite géologique de la Bresse à 231 m d'altitude sur les axes Paris – la Suisse et Bâle – Besançon – Dijon (47°05'N – 5°30'E) à 300 km au sud-est de Paris (367 par autoroute) et 41 km au sud-ouest de Besançon (46 par la route). Elle est bordée au sud par un méandre du Doubs (d'où l'étymologie de son nom, du celtique dolen, méandre). Elle est, par sa démographie, la 4e ville de Franche-Comté (25 000 hab.) et la 14e pour sa superficie (38,38 km²).

L'ORIGINE DE LA VILLE

Sans doute à cause de son nom d'origine celtique, les historiens du 19e siècle, tel Alphonse Rousset et Élie Puffeney, bien que reconnaissant ne posséder « aucune donnée certaine sur l'origine de Dole », avaient imaginé une ville gallo-romaine presque aussi importante que Besançon. Or, les relevés aériens effectués depuis 1976 sont révélateurs d'un peuplement exclusivement rural. Ce n'est qu'au milieu du 11e siècle, alors que la Franche-Comté fait partie du Saint Empire romain germanique, que le nom de Dole apparait pour la première fois dans un texte. Selon Jacky Theurot, le « castellum » de Dole est à nouveau cité en 1092, ce qui signifie qu'il s'agissait d'un lieu fortifié autour duquel s'est peu à peu formé un bourg, qui ne devait pas dépasser 300 habitants dans la première partie du 12e siècle. Les comtes de Bourgogne résidaient jusque là à Quingey sur la Loue, affluent gauche du Doubs, à mi-chemin entre Ornans et Dole. C'est le comte Renaud III, neveu du pape Calixte II, qui choisit de s'installer à Dole et mourut en 1148, laissant l'héritage du Comté de Bourgogne à sa fille Béatrice, qui devait épouser le plus prestigieux des empereurs du Saint Empire romain germanique au Moyen Âge Frédéric Barberousse. À la mort de ce dernier, le Comté de Bourgogne revient à son fils cadet Othon 1er, dont la fille aînée Jeanne meurt à 14 ans, et c'est la seconde fille, Béatrice, qui transmet le comté de Bourgogne à son époux, duc de Méranie, qui prend le nom d'Otton II. Mais la Méranie (c'est le sud Tyrol de langue allemande aujourd'hui rattaché à l'Italie, province du Trentin-Haut-Adige) est loin et Otton II, mort en 1231, comme son fils Otton III, se désintéressent du comté. Depuis la province française voisine, le duc de Bourgogne Hugues IV obtient des hommages de fiefs aux alentours de Dole (Foucherans, qui restera terre ducale jusqu'à la départementalisation, Échenon, La Perrière, Saint-Seine-en-Bâche), et accroît son pouvoir en comté. Lorsque Otton III meurt sans héritier en 1248, sa sœur Alix de Méranie, qui a épousé Hugues de Chalon de la branche cadette des comtes de Bourgogne, tente d'enrayer cette intrusion de la Bourgogne française en rachetant des terres à Dole et ses environs (Crissey, Menotey et Rainans) et en s'assurant le contrôle de seigneuries autour de Dole (Saint-Ylie, Châtenois, Champvans, Baverans, La Loye, Santans, La Chassagne) et notamment de la forêt de Chaux. Le fils d'Alix de Méranie, Otton IV, qui épousera en secondes noces Mahaut d'Artois, poursuit cette politique, tout en se rapprochant du royaume de France et notamment de Philippe le Bel.

LES DATES CLÉS DE L'HISTOIRE DOLOISE

1274

La comtesse Alix de Méranie octroie une charte de franchise aux habitants de Dole, rachète les droits sur les fours et moulins et bénéficie du péage de la ville.

Vers 1286

La comtesse Alix de Méranie dote d'une nouvelle église dédiée à Notre-Dame à Dole, qui ne disposait jusqu'ici que de la chapelle St-Georges. Elle souhaite y établir un chapitre, mais se heurte aux moines de Baume-les-Messieurs et au chapitre de la Madeleine à Besançon, titulaires de la chapelle.

1295

Mahaut d'Artois, épouse du comte Otton IV, arrive pour la première fois à Dole, qui entre dans son douaire.

1304

Mahaut d'Artois obtient du pape Benoît XI un chapitre pour l'église Notre-Dame. Elle réussit là où sa belle-mère Alix et son mari Otton IV avaient échoué.

1330

Mort de la reine Jeanne de Bourgogne, fille d'Otton IV et de Mahaut d'Artois et veuve du roi de France Philippe V le Long ; le Comté de Bourgogne revient à sa fille Jeanne de France, qui le transmet à son époux le duc de Bourgogne Eudes IV. Celui-ci, qui règne désormais sur les deux Bourgognes (duché et comté), vient à Dole et confirme les franchises des Dolois.

1333

Eudes IV convoque le parlement du Comté de Bourgogne pour la première fois à Dole. Le parlement reste itinérant dans diverses villes du comté.

1357

Philippe de Rouvres, petit-fils d'Eudes IV, seulement âgé de 11 ans (il mourra quatre ans plus tard) arrive à Dole. Des travaux sont entrepris sur le château, dit de Frédéric Barberousse, jusqu'en 1360.

1363

Marguerite de Flandres, seconde fille de la reine Jeanne de Bourgogne et de Philippe V le Long, qui a hérité du Comté de Bourgogne en 1361 à la mort de Philippe de Rouvres, vient pour la première fois à Dole. Elle y installe ses conseillers.

1372

Fondation à Dole d'un couvent de franciscains.

1377–1384

Période pendant laquelle Marguerite de Flandres, puis, après sa mort en 1382, son fils Louis de Mâle réunissent le parlement jusqu'ici itinérant à Dole.

1386

Philippe le Hardi, qui a épousé la fille de Louis de Mâle, et qui, depuis la mort de ce dernier en 1384, est à la tête des deux Bourgognes, fixe le siège du parlement du Comté de Bourgogne ou Franche-Comté à Dole. Dole devient ainsi officiellement la capitale du Comté de Bourgogne.

1408

Jean sans Peur, fils de Philippe le Hardi, sur les conseils de Guy Arménier, décide par ordonnance du 19 juillet de transférer le parlement du Comté de Bourgogne de Dole à Besançon, mais, devant les nombreux adversaires du projet menés par Richard de Chancey, diffère la première réunion du parlement prévue le 4 novembre et malgré les relances des Bisontins jusqu'en 1410, le transfert ne se fera pas.

1413

Par décision de Jean sans Peur, le doyen de l'église Notre-Dame exerce son autorité sur les chanoines et les desservants. L'église devient une collégiale.

1422

Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur, qui a fait construire depuis 1420 un bâtiment digne de ce nom pour accueillir le parlement, vient l'inaugurer solennellement, avec 1 200 invités. Il décide, en outre, de fonder une université à Dole, qui s'installe d'abord dans l'ancienne chapelle St-Georges, au bas de la Grande-rue actuelle.

1437

Création d'une faculté de théologie.

1477

5 janvier : Mort de Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon, qui ne laisse qu'une fille, Marie de Bourgogne, plus flamande que bourguignonne. 18 février : Les États de Franche-Comté accepte la protection du roi de France Louis XI, qui prétend défendre les intérêts de Marie de Bourgogne et installe ses troupes dans le Comté. Mais dès la fin du mois, les Dolois prennent les armes et chassent les Français hors des murs et sont imités dans d'autres villes comtoises. Début juillet : Siège de Dole par les troupes françaises dirigées par Georges de Craon. 31 juillet : Les Dolois tentent une sortie. 400 d'entre eux restent sur le terrain. 19 août : Marie de Bourgogne, que Louis XI espérait fiancé à son fils aîné Charles, épouse le fils de l'empereur du Saint Empire, Maximilien d'Autriche. 30 septembre : Les Dolois attaquent par surprise et de nuit les Français, mettent hors de combat 3 000 hommes contraignant ainsi Georges de Craon à s'enfuir.

1478

Maximilien élargit les franchises des Dolois.

1479

En mai,  Les Français assiègent une nouvelle fois Dole et pénètrent dans la ville le 25. Louis XI, pour venger l'affront subi par ses troupes en 1477, fait incendier et raser la ville, tuant la plupart des habitants et rançonnant les rescapés. À part Gray et Vesoul, qui voudront résister en vain, la plupart des villes comtoises se rendent immédiatement aux Français. Le parlement et l'université réfugiés à Besançon seront transférés, le premier à Salins, le second à Poligny.

1482

Par le traité d'Arras, Louis XI fiance son fils Charles, âgé de 10 ans, avec Marguerite d'Autriche, âgée de 2 ans, fille de Maximilien d'Autriche et de Marie de Bourgogne, avec la Franche-Comté pour dot. Les écluses de Dole détruites en mai 1477 sont réparées. Dole se reconstruit.

1483

Mort de Louis XI, son fils Charles VIII, fiancé à Marguerite d'Autriche lui succède. Les halles aux bouchers de Dole fonctionne à nouveau.

1484

Charles VIII rétablit l'université à Dole (8 mars).

1490

Charles VIII rétablit le parlement du Comté de Bourgogne à Dole (12 avril).

1491

Sur l'instigation d'Anne de Beaujeu, régente du royaume de France pendant sa minorité, Charles VIII promis pourtant à Marguerite d'Autriche, épouse Anne de Bretagne. Maximilien d'Autriche humilié lance ses troupes sur la Franche-Comté.

1493

Par le traité de Senlis (24 mai), Charles VIII, plus intéressé par l'aventure italienne, abandonne la Franche-Comté à l'empereur Maximilien d'Autriche.

1494

Établissement à Dole d'un Hôtel des monnaies et d'une Chambre des comptes, cette dernière transférée à Lille en 1499.

1509

Première pierre de la nouvelle collégiale posée par Antoine de Vergy, archevêque de Besançon.

1535

Les Cordeliers de Dole commence la lutte contre la Réforme, y compris contre le clergé local. Un vicaire est décapité en 1537.

1556

Partage des possessions de Charles Quint après son abdication. Dole et la Franche-Comté reviennent à l'Espagne, mais Besançon demeure terre du Saint Empire. Dès son avènement, Philippe II accentue la répression contre les protestants.

1557

Ouverture au culte de la nouvelle collégiale consacrée seulement en 1571.

1562

Rétablissement d'une Chambre des comptes à Dole par Philippe II d'Espagne. Début d'un exode massif de protestants, qui abandonnent tous leurs biens.

1568

Installation de la Chambre des comptes rue Fripapa (rue Marcel Aymé actuelle).

1570

Les étudiants étrangers protestants ne sont plus admis à l'université de Dole. De terribles inondations en décembre détruisent les ponts.

1595

La cavalerie française d'Henri IV ravage les alentours de Dole, puis est mise en déroute par le grand connétable de Castille, après quoi Henri IV bat les Espagnols à Fontaine-Française, s'empare de Rochefort-sur-Nenon, mais renonce à prendre Dole.

1598

Mort de Philippe II d'Espagne, qui a cédé la Franche-Comté à sa fille Isabelle-Claire-Eugénie.

1618–1632

Début de la Guerre de Trente Ans, qui ne touche pas encore la Franche-Comté. Mais c'est une période de crise de subsistances et de crise monétaire.

1622

Arrivée des Carmes déchaussés.

1624

Arrivée des Minimes.

1633

Mort d'Isabelle-Claire-Eugénie, la Franche-Comté n'a plus de souverain particulier, hors le roi d'Espagne.

1636

Guerre de Dix Ans (épisode comtois de la Guerre de Trente Ans) : Richelieu rompt le traité de neutralité de la Franche-Comté, sous prétexte que les Comtois ont accueilli Gaston d'Orléans. Siège de Dole par les troupes du prince de Condé à partir de fin mai. Mais la résistance des Dolois est telle que Condé est obligé de lever le siège le 15 août, Richelieu ayant besoin de ses troupes en Picardie.

1636–1639

Épidémie de peste très meurtrière au cours de l'été 1636 et qui se prolonge jusqu'en 1639. S'y ajoute la famine provoquée par les troupes françaises et suédoises qui ravagent les campagnes au printemps (fermes incendiées, blé en herbe coupé, bétail enlevé)

1644

Évacuation des troupes françaises. « Tout le bailliage de Dole avait été détruit par la peste et les Français » (Girardot de Nozeroy).

1654

Cession de Besançon à l'Espagne. Dole craint désormais de perdre son rôle de capitale au profit d'une ville plus peuplée (14 000 contre 5 000) et plus centrale du Comté.

1665

Mort du roi d'Espagne Philippe IV. Louis XIV, son gendre, fait valoir son droit de dévolution sur la Franche-Comté et les Pays-Bas, car la dot de son épouse n'a jamais été payée.

1668

En février,première conquête française de la Franche-Comté sur simple sommation du Grand Condé. Louis XIV nomme un intendant qui doit s'installer à Besançon.En mai :Sous la pression des puissances européennes, Louis XIV sommé de choisir entre les Pays-Bas et la Franche-Comté, rend cette dernière à l'Espagne. 15 août : Les Espagnols mécontents de la faible résistance des Francs-Comtois suppriment le parlement de Dole et nomment des gouverneurs, qui s'installent à Besançon.

1674

Seconde conquête de la Franche-Comté commencée à Pesmes dans la nuit du 12 au 13. Après la reddition de Besançon, les troupes françaises arrivent à Dole à partir du 27 mai. Dole résiste, mais à court de munitions et de vivres, doit capituler le 7 juin. Le 17 juin, Louis XIV rétablit le parlement à Dole.

1676

Transfert du parlement de Dole à Besançon (26 août). Il en coûte à cette dernière 100 000 écus d'or. Besançon devient la nouvelle capitale de la Franche-Comté.

1688

Vauban, qui avait songé à conserver à Dole son rôle de place-forte, change d'avis et ordonne le démantèlement des fortifications.

1691

Transfert de l'Université de Dole à Besançon.

1771

Transfert de la Chambre des Comptes de Dole à Besançon.

1790

Création du département du Jura ; quatre villes, dont Dole, souhaitent être le chef-lieu. Faute d'un choix judicieux, alternance est retenue entre Lons-le-Saunier, Dole, Salins et Poligny.

1791

Lons-le-Saunier devient chef-lieu du département (décret du 12 septembre).

1793

Dole chef-lieu du département par décrets du 27 juillet et 9 août. Lons-le-Saunier disgracié pour son engagement fédéraliste reçoit le nom de « Franciade ».

1795

Lons-le-Saunier redevient chef-lieu du département du Jura (décret du 18 mars). L'administration réintègre Lons le 1er mai.

1871

Entrée dans Dole des Prussiens, qui occupent la ville pendant 9 mois.

1874

Dole affirme désormais sa tendance républicaine aux élections législatives et municipales.

1882–1883

Construction de la Halle aux Grains et du marché couvert.

1885–1892

Dole vote radical dès les législatives de 1885 et se choisit un maire radical en 1892.

1904–1910

Nombreux mouvements ouvriers. Grèves.

1914–1918

Dès 1914, la municipalité accorde des allocations aux familles, dont le chef est sous les drapeaux. En 1917, elle crée des jardins ouvriers et populaires. Le ravitaillement vient à manquer. Il faut réserver le lait aux enfants et aux vieillards. 30 000 colis sont envoyés aux prisonniers de guerre. 453 Dolois ne sont pas revenus de la guerre. Les difficultés alimentaires se prolongent jusqu'en 1920.

1932

Crise économique. Dole compte plus de 400 chômeurs, nombre qui passe à 700 à la fin de l'année avec la fermeture de la Compagnie des radiateurs.

1935

Après la mort du maire radical Marius Pieyre, qui rejetait toute alliance avec les socialistes et préconisait une union avec les modérés, les radicaux sont en perte de vitesse et se maintiennent grâce à leur liste commune avec la droite.

1936–1937

Nouvelles grèves à Dole pour la hausse des salaires (600 ouvriers du bâtiment cessent le travail en 1937).

1940

Après le bombardement de la ville, qui fait des victimes civiles (16 juin), les Allemands occupent Dole le 17 juin.

1942

Dole en zone interdite. La résistance commence. Des maquis F.T.P. et F.F.I. se constituent dans l'arrondissement.

1943

Les actes de sabotages de la résistance se multiplient (incendies, minages, déraillement de trains).

1944

Libération du joug nazi de Dole. Le Socialiste François Mugnier-Pollet, résistant, est maire.

1947

Charles-Laurent Thouveret est élu maire à la tête d'une municipalité radicale et gaulliste, comme Henri Bugnet à Besançon.

1947–1948

Importantes grèves à Dole.

1962

Un décret du préfet du Jura officialise l'orthographe de Dole (sans accent circonflexe). C'est Boileau, qui en répandit l'usage, après la conquête, sans justification étymologique et de prononciation : Dole s'est toujours prononcé avec un o ouvert.

1968

Démission de Charles-Laurent Thouveret. Jacques Duhamel, centriste proche d'Edgar Faure et de Jacques Chaban-Delmas, est élu maire.

1976

Le Dr Armand Truchot remplace Jacques Duhamel, gravement malade.

1977

Mort à Paris, sa ville natale, de Jacques Duhamel. Dole élit un maire socialiste, le Dr Jean-Pierre Santa-Cruz ; sous son mandat, nouvelles archives municipales, déménagement du Conservatoire de musique, aménagement du centre historique et des rues piétonnes, tandis que le quartier Barberousse devient un important centre culturel.

1983

Gilbert Barbier, UDF, ravit la mairie aux socialistes.

1990

L'aménagement du port fluvial pour le tourisme est terminé. Il avait été entrepris dès 1982.

1995

Inauguration du pont de la Corniche, le 3e de la ville.

2000

Inauguration de la médiathèque dans l'ancien Hôtel-Dieu et du parc aquatique Isis.

2001

Gilbert Barbier, majorité présidentielle, élu maire pour la 4e fois, devient sénateur du Jura.

2008

Le socialiste Jean-Claude Wambst enlève la mairie à Gilbert Barbier.

2014

Les socialistes perdent la mairie : Jean-Marie Sermier (LR) succède à Jean-Claude Wambst (PS).

© Georges Bidalot, mise à jour : novembre 2016

 

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